
Grande fan de la licence Solo Leveling et ayant vu et lu tous les formats existants, je me devais de vous apporter mon ressenti sur ma lecture du light novel coréen le plus attendu en France.
Le light novel Solo Leveling est écrit par Chugong et ne contient, à mon plus grand désespoir, aucune illustration. Paru en Corée du Sud en 2016 chez D&C Media et composé de 16 tomes, il aura fallu attendre 2024 pour obtenir la série dans notre cher pays chez Kbooks.
Le manhwa est quant à lui disponible chez le même éditeur, et son animé chez Crunchyroll, avec une saison 2 et un live-action bientôt diffusé.
Jinwoo, jeune Coréen tout ce qu’il y a de plus banal, est le chasseur de rang E le plus faible du pays. Un jour, en participant à un raid censé être une promenade de santé, il se retrouve coincé dans un double donjon avec son équipe. Trahi, abandonné par ses pairs et aux portes de la mort, une mystérieuse voix lui octroie le pouvoir de devenir plus fort grâce à un système méconnu de tous…
Un univers intriguant, mais frustrant
Très vite, je me suis laissée prendre à l’ouvrage. Solo Leveling est un titre à la fois captivant et intéressant, notamment dans la progression de son personnage principal, que ce soit en force pure, en magie ou même en psychologie. La plume de l’auteur décrit parfaitement les différents états d’esprit dans lesquels on peut retrouver le protagoniste au fil des événements.
Le récit ne traîne pas en longueur, ce qui est appréciable, notamment dans les scènes de combat. Cependant, c’est aussi un point frustrant, car l’auteur va à l’essentiel, rendant parfois les affrontements trop courts. Jinwoo gagne souvent en quelques coups, ce qui donne une impression de facilité et laisse un goût d’inachevé.
Malgré tout, même si l’auteur ne détaille pas les paysages, les monstres ou les combats, on plonge dans une histoire où il explique brièvement le contexte dans lequel notre figure centrale prend place. L’univers se situe dans un monde moderne où la magie et les portails peuplés de monstres sont apparus il y a dix ans. Pourtant, on n’a pas d’indications détaillées sur l’origine de cette magie ni sur son apparition. Est-ce un choix narratif ou une explication à venir ? Mystère.
En tout cas, des mécanismes ont été mis en place pour mesurer la magie et le niveau des portails, mais peut-on réellement s’y fier ? Honnêtement, je ne le pense pas, au vu du nombre d’incidents qui surviennent depuis le début de l’histoire. On apprend également que les donjons doivent être fermés dans un temps imparti, sinon les monstres se déversent dans le monde réel. Une véritable bombe à retardement.
Si plusieurs portails venaient à s’ouvrir en même temps partout dans le monde, y aurait-il assez de chasseurs pour y faire face ? Rien n’est moins sûr. L’auteur a déjà posé une limite bien réelle à cette catastrophe surnaturelle.
Un héros typique, mais fascinant
On connaît le concept : un héros faible qui obtient un « power-up » grâce à un élément extérieur. Ici Jinwoo bénéficie d’un système mystérieux, proche d’un jeu vidéo, qui le guide et le fait évoluer. Ce schéma est classique, notamment dans les isekais japonais, sauf qu’ici ce n’est pas un Isekai. Là où le light novel Solo Leveling se distingue, c’est dans la psychologie du personnage. Jinwoo veut protéger sa famille de la pauvreté, malheureusement, il est si faible qu’une simple blessure l’envoie à l’hôpital, mais il va expérimenter un événement traumatisant qui va tout changer. Tout. Mais on évoquera cela plus en détail plus bas.
La narration externe permet de plonger dans ses pensées, tout comme dans le manhwa, mais ici, avec plus de profondeur. On pourra, par hasard, lire les psychés des autres personnages, mais uniquement s’ils sont directement liés au héros.
J’appelle cela la règle de Narcisse : tout tourne autour de Jinwoo. Est-ce Solo Leveling qui est écrit pour Jinwoo ? Ou est-ce Jinwoo qui est écrit pour Solo Leveling ? Vous avez trois heures.
Dans l’anime, en revanche, chaque personnage a son moment de gloire, ce qui donne une autre dynamique à l’histoire.
L’ascension d’un héros… ou la chute d’un homme ?
Grâce à cette narration, on suit en détail la transformation de Jinwoo. Il commence comme un jeune adulte naïf, gentil, aimant et protecteur envers sa famille. Mais après avoir vécu l’horreur du double donjon, il comprend une chose : sa faiblesse ne sera plus jamais une fatalité. Qui, après avoir été trahi et abandonné, pourrait rester la même personne ? Personne.
Jinwoo change. Il découvre qu’il peut devenir plus fort, mais cela déclenche en lui une soif de puissance et une insatisfaction permanente. Au début, il veut simplement protéger sa famille : envoyer sa sœur à l’université, payer les frais d’hospitalisation de sa mère et régler les factures et le loyer.
Mais rapidement, ses ambitions évoluent. Désormais, il veut force, argent et gloire. Il le répète plusieurs fois au cours du récit : il a changé. L’évolution de Jinwoo est radicale, comme si l’auteur nous offrait une expérience sur la manière dont la puissance et le désespoir peuvent corrompre une âme pure.
Un héros humain avant tout
Ce que j’aime dans les light novels, c’est la manière dont les auteurs construisent leurs personnages au contact du monde qui les entoure. Dans le light novel Solo Leveling Jinwoo est humain, il ne suit pas un schéma idéalisé où tout repose sur le pouvoir de l’amitié. Désolé, mais le pouvoir de l’amitié ne paie pas un loyer et ne remplit pas un frigo.
Jinwoo connaît la pauvreté et la faiblesse humaine. Cette faiblesse qu’il pensait éternelle, il peut enfin la briser. Mais à quel prix ? Est-ce qu’il suit réellement le bon chemin ? Fait-il les bons choix ? On ne le sait pas encore, mais nous, lecteurs, commençons à nous inquiéter pour lui. Il ne fait plus confiance qu’à lui-même, et ceux qui oseront se mettre en travers de son chemin connaîtront la défaite… voire pire.
Le light novel Solo Leveling n’est pas encore un coup de cœur, mais je pense qu’il le deviendra une fois la série terminée. J’ai hâte de voir comment l’auteur développera la suite et surtout, jusqu’où Jinwoo ira dans sa quête de puissance. Par contre… c’est vraiment dommage qu’il n’y ait aucune illustration.
